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Newsletter du 23.04.2020

 
  Bonjour à tous

Alors que le monde marche sur la tête en raison d'un minuscule virus (enfin, les gouvernements y ont tout de même contribué un tout petit peu...), les légumes eux poussent lentement -trop lentement à notre goût - mais sûrement.
Avec les beau temps, on aurait tendance à oublier que nous ne sommes que mi-avril, mais malgré la chaleur, la trajectoire du soleil et donc la quantité de rayonnement sont de saison et il faut faire preuve de patience.

Ceci dit, l'homme et les animaux ne sont pas seuls à être sujets aux infections virales. Le règne végétal a lui aussi ses virus et ils ne sont pas de moindres. Il y a p.ex le virus de la mosaïque du tabac. Le tabac, me direz-vous, c'est le problème des fumeurs... Si ce virus a d'abord été découvert et étudié dans le tabac (dès les années 1930 – un prix Nobel a même été attribué à des recherches sur le sujet dans les années 40), il infecte quasi toutes les solanacées. C'est à dire les tomates (ah, là on est tous dans le même bateau), les aubergines et les pommes de terres. Bien que les ressemblances entre ces plantes ne soient pas flagrantes, il s'agit là d'une seule et même famille qui comporte entre autres aussi des membres potentiellement mortels comme la Belladone ou la Stramoine ou mythiques comme la Mandragore.

Chez les légumes, les distance sociales ne posent pas de grands problèmes, mais les pucerons et autres insectes ravageurs font office de vecteurs difficiles à contrôler. Les virus peuvent aussi survivre dans la terre durant des mois, voire des années (une des raisons pour respecter une rotation culturale!) ou être trimbalés par des outils que nous utilisons pour les plantations, récoltes ou tailles.
Les pommes de terre, du fait de leur multiplication végétative (on plante des tubercules des plants de l'année précédente), sont particulièrement exposées aux maladies virales puisque le tubercule planté donnera en réalité un clone du plant mère (ce n'est pas une graine, il n'y a pas de reproduction sexuée). Si le plant mère est touché, tous les tubercules qu'il produira contiendront aussi les virus. Pour cette raison, les plants de pomme de terre sont étroitement surveillés et testés par les instituts agronomiques.

Enfin, tout comme pour notre COVID (on a bien entendu aussi trouvé des noms de code pour les virus de la pomme de terre qu'on appelle X ou Y, TMV ou ..) ils ont eux aussi des retentissements économiques parfaitement sensibles et – même si les retombées médiatiques sont moindre - ont eux aussi fait le tour de la planète. On estime ainsi que les divers virus de la pomme de terre entraînent une perte de production de l'ordre de 10-15% à l'échelle mondiale. Ce qui représente tout de même quelque 40 millions de tonnes  (ca en fait de frites) !
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